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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 00:00

 

delphes-06-lire-duras-30x30.jpg Delphine Riffard, alias Delphes, "Lire Duras"

http://baldix.over-blog.com/album-341164.html

 


Nos livres coups de coeur:

 


Martine:

  Cette année les romans scandinaves ont été à l’honneur (au Salon du Livre), et la nouvelle librairie de Poitiers « La Belle Aventure » a tout particulièrement été attentive à nous en proposer. Avec succès semble-t-il, et chaque fois que nous nous y rendons de nouvelles piles de romans suédois, norvégiens, islandais nous attendent !

J’aimais bien la littérature norvégienne étant adolescente - ah les grandes sagas du type Kristin Lavransdatter de Sigrid Undset! J'ai même fait un peu de norvégien à la fac (très peu, c'était en 1968 et l'année a été très courte - l'avantage? il n'y avait que 4 cas de déclinaison au lieu de 6, 7, 8... dans d'autres langues... c'est en vantant ça que le prof recrutait ses étudiants!). Mais j'ai fait des découvertes depuis deux ans, toujours un peu fleuves intergénérationnels, même les romans policiers de Gunnar Staalesen (1900), ou Herbjorg Wassmo (Cent ans), mais mon préféré, c'est:

La Société des Jeunes Pianistes  - Le livre de poche 2006 (original publié en 2004) de Ketil Bjørnstad. L’auteur est un musicien, pianiste de renom lui-même. Il y a certainement une part autobiographique, mais il s’agit bien d’un roman qui raconte l’adolescence à Oslo d’un jeune garçon doué pour le piano. Il est en décalage par rapport à ses contemporains de par ce talent, dont il doute à certains moments, mais il n’est pas sans connivence avec d’autres jeunes, filles et garçons qui participent au très difficile concours musical « Jeune Maestro » de la ville d’Oslo pour pouvoir « percer ». Ses parents ayant leurs propres originalités, il n’est pas non plus très bien intégré socialement. Chaque étape des concours de piano sont l’occasion pour l’auteur de montrer les enjeux sociaux dans la ville.

Le roman s’ouvre sur la mort de sa mère et se referme (provisoirement) sur celle de l’une des jeunes pianistes : j’aurais pu choisir quelque chose de plus joyeux !!! mais voilà, ce n’est pas triste, pas totalement désespéré. Le roman est extrêmement sensible et très vécu, très réel tout en se situant dans un petit monde qui semble à part et pourtant bien ancré dans la vie, la société et la ville d’Oslo. D’ailleurs j’ai aussitôt acheté la suite « L’Appel de la Rivière » - (2007, et traduction française en 2010 - JC Lattès) et je vous en dirai plus à la fin de l’été (il est en compétition dans ma valise de vacances avec des romans plein de pages pour les jours pluvieux à Belle-Ile !).

 

 

 

Philippe:

- La Bible, en particulier L'Apocalypse selon Saint-Jean. Cette lecture est bouleversante, chacun doit avoir lu cela, mais naturellement, chacun le vivra différemment.

- La sonate A. Kreutzer, de Tolstoï, pour rentrer dans la tête d'un personnage fou.

- La contrebasse, de Süskind, parce que ça ressemble à un violoncelle [note de Noëmie: Philippe est un grand amoureux du violoncelle...], mais en plus fou (folie dans laquelle le livre nous emporte aussi).

 

 

Bernard:

J'ai eu un coup de coeur récent pour un roman .

Le style et l'écriture ne me plaisent pas mais l'idée de vulgariser par le biais du roman des idées philosophiques (La chute de Camus, par exemple ) ou certaines observations plus scientifiques dues a Levy Straus (ardues à lire ! ) convient à l'usure de mes vieux neurones.

L' homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle tente de nous convaincre de notre pouvoir personnel dans la construction de notre destin et dans l'image offerte aux autres. Je suis l'aboutissement de ma volonté et pas le résultat des évènements ou des images des autres . Ma connaissance de moi-même est le début de mon évolution. Nous sommes loin du héros Camusien ou des bororos Levy Straussiens , mais le pouvoir de la volonté est un fil directeur commun...

 

 

 

Nicolas:

Alors, mon bouquin que j'ai le plus kiffé de la mort qui tue, c'est La vie devant soi de Emile Ajar, alias Romain Gary. D'abord parce que c'est une écriture très poétique et très accessible: Gary nous montre qu'il est possible d'allier les deux. Ensuite parce que le propos est on ne peut plus moderne et révolutionnaire, encore et plus que jamais aujourd'hui, malgré le fait qu'il ait été écrit il y a plus de trente ans. Enfin parce qu'avec ce roman Gary a reçu le Goncourt pour la deuxième fois de sa carrière (chose pompeusement interdite par le réglement du concours) sans pour autant ne jamais s'en être vanté de son vivant.  Peut-être a-t-il gardé le secret jusque dans sa tombe car la satisfaction personnelle d'avoir fait un pied de nez à l'intelligentsia parigotte se suffisait à elle même sans qu'il ait eu besoin de le crier sur les toits?
Donc si ce n'est pas déjà fait, n'hésitez pas à lire La vie devant soi quant à moi, ça me donne envie de le relire encore!

 

 

 

Aurélie:

Mon livre préféré: Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur,  un roman de François Lelord.
C'est l'histoire d'un gentil  psychiatre, Hector, qui fait un voyage autour du monde pour découvrir ce qu'est le « bonheur ».
Voilà un petit conte de fée moderne à la Candide, où l'auteur note sur son petit carnet les différentes leçons qu'il tire de ses rencontres aux quatre coins du monde (ex: Leçon de bonheur n°4: parfois le bonheur c'est de ne pas comprendre.). On en ressort serein avec une seule question en tête:" et pour vous c'est quoi le bonheur?".
Tiens, moi aussi ça me donne envie de le relire et donc de le racheter car je ne sais plus à qui j'ai bien pu le prêter!

 

 

Hervé:

Pour inaugurer comme promis ta rubrique littéraire, je choisis d'évoquer le livre qui m'a le plus marqué ces dernières années: Les âmes grises de Philippe Claudel.
L'action se déroule en 1917 dans l'est de la France,entre une ville de préfecture et un petit village distant de quelques km, avec pour toile de fond la "grande guerre", qui pèsera de tout son poids sur les événements.
Dans ce village est retrouvée un matin une fillette de 10 ans, étranglée.
Le fil rouge de ce récit, raconté par le policier municipal, est son enquête personnelle, en marge de celle menée par les "autorités", pour essayer de trouver le criminel et son mobile.
On refermera le livre sans être sûr ni de l'un ni de l'autre.
Car ceci n'est pas un polar, mais surtout une peinture du climat social de l'époque, et une description subtile de nombreux personnages, des plus modestes aux plus bourgeois, tous réunis dans une vision assez désenchantée de la nature humaine.
Mais ce qui aurait pu être un roman cynique et déprimant, est magnifié par un festival d'observations pleines d'esprit, et une élégance d'écriture exceptionnelle.
Ce qui me conduit à relire ce bouquin régulièrement, par pur plaisir.
Bonne lecture(s)à tous et toutes.

 

 

 

Dom:

- Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. Je lis beaucoup depuis quelques mois, j'ai découvert la littérature policière et... ce livre que Margaux m'a offert . C'est un délice d'originalité, une brassée d'humour et un esprit totalement dégenté! J'adore! Je n'ai pas vraiment de livre préféré mais celui là je le conseille ! Ma maman qui a 80 ans l'a beaucoup aimé (c'est dire qu'il est intergénération!).

 

 

 

Sylvie:

Un jour en furetant dans les rayons de littérature classique d'une bibliothèque, je découvre parmi les ouvrages bien classés les 2 tomes de Don Quichotte de Miguel de Cervantès.Après avoir soupesé et délibéré si j'étais capable de lire un texte écrit en 1605; le parcours de cet anti-héros, partant sauver le monde et à la recherche de la perfection sut attirer ma curiosité.

Les aventures de Don quichotte, chevalier à la triste figure, rêveur et idéaliste, cherchant à atteindre le sublime mais qui ne trouvera que la folie est un vrai régal pour le lecteur. L'originalité des dialogues, les multiples rebondissement des aventures drolatiques de Don Quichotte, sec, rabougris, illuminé et fantasque et de son écuyer Sancho Pancha, gras ne pensant qu'a manger, roublard, menteur et ayant les pieds sur terre sont d'une étonnante modernité.

A lire absolument. Ma préférence va à la traduction d'Aline Schulman au éditions du seuil.

 

 

 

Maï-Ly:

- Harry Potter et les reliques de la mort, de J.K. Rowling.

Résumé: le monde des sorciers est terrorisé par la réapparition de Lord Voldemort. Le nouveau ministre de la magie, Rufus Scrimgeour, est assassiné, Voldemort accède alors au pouvoir. C'est alors une véritable bataille: les mangemort d'un côté contre Harry, ses amis et les membres de l'Ordre du Phénix de l'autre...

Je l'ai aimé car c'est un livre plein de suspense et d'aventure. L'écrivaine de ce livre, J.K. Rowling, utilise plein de chose de la vrai vie, les modifient un peu et les mets dans son livre.

 

 

 

Marine:

Après maintes hésitations, mon choix s'est porté sur Les chroniques de San Francisco de Armistead Maupin, les mésaventures mythiques d'une tribu de loufoques!
Que sont ces Chroniques de San Francisco? Les raconter, à défaut d'être possible, serait un blasphème littéraire. En fait, par définition, l'ouvrage est épisodique. Il n'y a donc pas, à proprement parler, d'histoire, mais le quotidien fabuleux d'une galerie multicolore de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Cette série est un imbroglio d'anecdotes et d'aventurettes rassemblées les unes aux autres par une tribu de personnalités qui partagent un même toit, le 28 Barbary Lane, adresse à retenir pour qui aime les bons mots et les bons moments. La maîtresse du lieu est un poème à elle seule; la mystérieuse et charismatique Mme Madrigal, sorte de Grand Schtroumpf bienfaisant qui met un point d'honneur à accueillir des locataires triés sur le volet par un joint de bienvenue cultivé et roulé "maison". Autour d'elle, de jeunes gens, hétéro ou homo, un peu les deux parfois, babas ou bourges, se rencontrent, s'entrechoquent, s'aiment, s'embarquent dans des aventures que ne croiraient pas les plus naïves bécassines!
7 tomes qu'on ne voudrait jamais avoir fini...
Aux amoureux des séries : à ne pas rater!

 

 


Marie-Astrid:

J'ai effectivement envie de donner un titre qui me tient à coeur. Il s'agit du Petit Prince  de Saint Exupéry. Ce sera mon coup de coeur pour toute la poésie que renferme cette oeuvre avec un coup de coeur particulier pour la réflexion sur le verbe "apprivoiser", un verbe dont on oublie certainement trop souvent les tenants et les aboutissants et qui est pourtant si important.

 

 

 

Chantal:

Deux livres que j’ai lus récemment m’ont beaucoup plu:
 - La couleur des sentiments de Katherine  Stocket.
C’est un roman sur la ségrégation . En 1962 dans une petite ville du Mississipi , une jeune bourgeoise blanche réussit à convaincre deux “bonnes” noires d’écrire un livre sur les relations bonnes noires et patronnes  blanches . Les bonnes parlent avec réalisme de leurs relations compliquées avec les familles qui les emploient , de leur solidarité face à l’hypocrisie , au racisme , à la répression, à la violence , à l’interdiction pour les noirs et les blancs de se mélanger ... et aussi de leur tendresse pour les enfants qu’elles élèvent et de la “bonté” de certains patrons .
C’est un livre plein d’humanité , drôle ,  émouvant  , avec des personnages attachants et hauts en couleur .
Je l’ai savouré jusqu’à la dernière page . Ne vous privez pas d’un aussi bon moment.
Et puis  dans un autre genre , un livre bouleversant :
- Le cœur régulier  d’Olivier Adam.
Une jeune femme, Sarah, quitte tout, sa vie bien rangée, son gentil mari, ses enfants plutôt indifférents à son égard, pour partir au Japon sur les traces de son frères suicidaire, mort dans un accident. Elle ne sait plus où elle en est. Elle rencontre des gens qui l'aident à se "réparer", reprendre des forces, faire le tri, se délester. Elle dit: "sentir battre en [elle] un coeur régulier. C'est  ce qu'[elle] s'applique à faire ici." Dans sa solitude, elle se pose les questions essentielles de la vie.
C'est un livre sur la mort, l'amour, le deuil après la mort, sur l'être humain, la sagesse, les liens familiaux, sur l'ordinaire de la vie...
Je l'ai lu puis relu. C'est rempli d'émotion...

 


 

Noëmie:

- Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh. Le genre de livre que j'ai toujours envie d'acheter quand je le vois en librairie. Pour moi, le temps d'une seconde, quand l'idée me traverse que que je retrouverai peut-être le plaisir de ma première lecture, pour les gens que j'aime ensuite, car c'est un petit bijou que l'on voudrait voir briller chez d'autres que chez soi.

Les quatre soeurs dont ce livre parle, sont les petites descendantes des quatre filles du Docteur March, en plus délurées, en plus perdues aussi, et donc, en plus étincellantes. Elles font partie de ces personnages que l'on aimerait ne jamais quitter et qui vous font ralentir votre débit de lecture en fin de parcours, dans l'espoir que cela fera durer la rencontre.

- La consolante, d'Anna Gavalda. Parce que c'est le livre d'une résurrection et que j'aime l'idée que rien n'est jamais perdu, que l'on est maître de sa vie et que l'on peut choisir à tout moment de se donner un nouveau départ, dès lors que l'on dépasse la peur du changement.

C'est l'histoire d'un homme que l'on déteste au début du livre et qui, grâce à la rencontre d'un être extraordinaire, va peu à peu se reconstruire pour devenir quelqu'un de bien, une belle personne. J'ai aimé la difficulté qu'il y a à s'attacher à ce personnage, au début si antipathique, parce qu'une fois son bouleversement amorçé, on a le sentiment d'ivresse d'avoir réussi en même temps que lui à se dépasser, à passer du "il" si passif au "je" si puissant, et à comprendre ce qui fait le sens d'une vie.

- Le Seigneur des anneaux, de Tolkien. Parce que c'est le voyage imaginaire que je préfère faire. Environ une fois par an...

- Armadale et Sans Nom, de Wilkie Collins, pour ses magnifiques héroïnes féminines.

- Les Rougon Macquart, de Zola. Bon, là, j'admets, je triche un peu car ce titre regroupe en fait 20 romans... Mais Les Rougon Macquart représente pour moi un projet littéraire et journalistique vraiment incomparable, l'oeuvre de toute une vie, qui semblait à peine humainement faisable: représenter tous les versants de presqu'un siècle de société...

C'est une oeuvre complète à tout point de vue: la fresque immense d'une société en particulier et de la nature humaine en général, une peinture flamboyante des sentiments humains, un regard à la fois historique et visionnaire... Zola a résumé en quelques mots superbes son oeuvre et le sens qu'il voulait lui donner: " Le seul interêt à vivre est de croire à la vie, de l'aimer et de mettre toutes les forces de son intelligence à la mieux connaître."


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Published by noëmie-joyaux
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