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Etre cultivé aujourd'hui, c'est porter en soi, à sa mort,

bien d'autres mondes que ceux de sa naissance;

c'est rechercher, revendiquer la différence, la dissemblance.

Etre cultivé aujourd'hui, c'est être tissé, métissé par la culture des autres.

 

Saint-Exupéry

 

 

PICT0113.JPG

Sapa, aout 2007 

 

 

 

 

Le pays que je préfère, c'est la Terre.

 Hassan Massoudy

 

 

 

 

 

Je comprends mieux pourquoi on tenait tant à retarder ma confrontation avec le monde. Avant de connaître le goût des fraises au sucre, on n'en demande pas tous les jours.

 

Mathias Malzieu, La Mécanique du Coeur

 

 

 

 

 

 

Il y a sûrement des pays qui valent le coup

 

Où le grand air fait vibrer la moindre prière

 

Des précipices où ne pas faire attention

 

Des centaines de pistes qui ne mènent pas au béton

 

Il y a sûrement des pays qui valent le coup

 

Il y a sûrement des routes qui mènent un peu partout

 

Des moussons déversant de douces illusions

 

Petit à petit mon appétit grandit de découvrir la vie... [...]

 

Mano Solo, "Des pays"

 

 

Burkina--23-.JPG

Pas très loin de Ouagadougou (Burkina Faso, aout 2005)...

 

 

 

 

 

- Qu'est-ce que vous allez chercher là-bas?

- J'attends d'être là-bas pour le savoir.

 

André Gide

 

 

 

 

 

 

J'étais assis sur un banc, cinq minutes avec moi
Perdu dans mes pensées qui me parlaient sans voix,
Dans un parc un peu désert, sous un ciel sans couleur
Un moment, un peu d'air, dans une bulle sans humeur
Un vieil homme approcha, fermant ainsi cette parenthèse
Il s'assit à côté de moi et me regarda, l'air à l'aise
Avec un regard confiant, il me dit cette phrase sans astuce

Quel dommage que les gens ne se parlent pas plus !
Jeune homme croyez-moi, j'ai un peu d'expérience
Je ne vous connais pas, je m'assois près de vous
Si les gens se parlaient, les choses auraient un sens
Je vous parle et pourtant, je suis tout sauf un fou
C'est juste que je sais, privilège de l'âge
Que l'humain est moins sot, s'il est un peu curieux
L'humain est plus fort, quand il croit au partage
Qu'il devient plus beau, quand il ouvre les yeux

L'Homme est un solitaire
Qui a besoin des autres
 
Et plus il est ouvert
Et plus il devient grand
Découvrez ma culture
 
J'apprendrai la vôtre
Je pense donc je suis
Tu es, donc j'apprends

Nous avons pris le temps de voir nos différences
De mélanges et rencontres il faut franchir le seuil
Parlons aux inconnus 
Sortons de l'ignorance
Faisons de notre monde un terrain sans orgueil
Comme on croise nos voix, croisons nos habitudes
Nous quitterons ce parc plus riches qu'en entrant
Cessons de voir petit, prenons de l'altitude
Partageons nos idées, nos valeurs, notre temps

L'Homme est un solitaire
Qui a besoin des autres
 
Et plus il est ouvert
Et plus il devient grand
Découvrez ma culture
 
J'apprendrai la vôtre
Je pense donc je suis
Tu es, donc j'apprends

 

Fabien MARSAUD - alias Grand Corps Malade

"Tu es donc j'apprends", 3ème temps

 

 

 

 

 

Il n'y a pas de chemin vers le bonheur.

 

Le bonheur, c'est le chemin.

 

Lao Tseu

 

  Voyage.jpg

Rebecacca Dautremer, Princesses

 

 

 

Depuis mon premier départ vers l'inconnu, je ne me suis jamais aussi bien senti chez moi qu'à "l'étranger". Pour la bonne raison, je crois, que l'on n'y est pas censé adhérer aux conventions locales établies. Contraint tout au plus à les respecter, on ne se sent pas régi par ces codes moraux qui se sont tissés comme les mailles d'un filet au cours des siècles de 

civilisation.

 

Titouan Lamazou, Femmes du Monde

 

 

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Femme lao, entre Vang Vieng et Luang Prabang

avril 2011

 

 

 

 

 

  Le seul abri possible c'est le monde entier.

 

Eluard

 

 

 

 

 

Il arrive parfois que l'univers entier se donne un sens, un sens plénier, à travers les signes et les figures d'une rencontre coordonnée, à la fois ramassée et ouverte, celle même où l'on aime reconnaître l'autonomie d'une culture et son incomparable saveur.   

Salah Stétié 

 

 

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Sapa, aout 2007

 

 


 

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt, c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait.

 

Nicolas Bouvier, L'usage du monde

 

 

ILLU 188

 

 


 

 

Il existe je ne sais quel composé de ciel, de terre et d'eau, variable avec chacun, qui fait notre climat. En approchant de lui, le pas devient moins lourd, le coeur s'épanouit. Il semble que la nature silencieuse se mette tout à coup à chanter. Nous reconnaissons les choses.

On parle du coup de foudre des amants, il est des paysages qui donnent des battements de coeur, des angoisses délicieuses, de longues voluptés. Il est des amitiés avec les pierres, des quais, le clapotis de l'eau, la tiédeur des labours, les nuages du couchant. 

 

Jean Grenier

 

 

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Rizières aux alentours d'Hoian (Vietnam), mai 2010

 

 

 

 

Nous construirons le monde

Qui nous le rendra bien

Car nous sommes au monde

Et le monde est à nous.

 

Guillevic

 

 

 

 

 

 

 

Que faisait-il pendant ce trajet? A quoi pensait-il?

Comme le matin, il regardait passer les arbres, les toits de chaume, les champs cultivés, et les évanouissements du paysage qui se disloque à chaque coude du chemin. C'est là une contemplation qui suffit quelquefois à l'âme et qui la dispense presque de penser. Voir mille objets pour la première et la dernière fois, quoi de plus mélancolique et de plus profond! Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.

Peut-être, dans la région la plus vague de son esprit, faisait-il des rapprochements entre ces horizons changeants et l'existence humaine. Toutes les choses de la vie sont perpétuellement en fuite devant nous. Les obscurcissements et les clartés s'entremêlent: après un éblouissement, une éclipse; on regarde, on se hâte, on tend les mains pour saisir ce qui passe; chaque évènement est un tournant de la route; et tout à coup on est vieux.


Victor Hugo, Les Misérables



train.jpg Photo prise d'un train entre Gembloux et Ottignies par un inconnu

 

 

 

 

 

 

Ne demande pas ton chemin à celui qui le connait

car tu ne pourrais pas t'égarer.

 

Rabi Nahman de Braslav


 

 

 

 

 

  Prenez du soleil

Dans le creux des mains,

Un peu de soleil

Et partez au loin!

 

Partez dans le vent,

Suivez votre rêve;

Partez à l'instant,

La jeunesse est brève.

 

Il est des chemins

Inconnus des hommes,

Il est des chemins

Si aériens.

 

Ne regrettez pas

Ce que vous quittez.

Regardez là-bas,

L'horizon briller.

 

Loin toujours plus loin,

Partez en chantant.

Le monde appartient

A ceux qui n'ont rien.

 

Maurice Carême

 


 

 

 

 

"Et déjà, il sentait une petite lucarne s'ouvrir en lui.

Les gens. Il découvrait les gens."

 

Timothée de Fombelle, Vango

 

 

 

 

 

On ne se remet pas d'une rencontre avec le Vietnam.

C'est un pays magique, un paradis qui entraîne le voyageur dans une nouvelle forme de dépendance. On y vit une succession de coups de foudre, où le sentiment amoureux le dispute aux poussées d'adrénaline.

Certains, d'ailleurs, n'en reviennent pas. Ils connaissent là-bas un bonheur si intense, découvrent une manière de vivre si harmonieuse qu'ils décident de rester pour toujours entre Hanoi et Saïgon, entre la mer de Chine et le Tonkin.

Les amants du Vietnam d'aujourd'hui, de l'Indochine d'hier, appartiennent à une bien étrange confrérie. "Asiatisés", ils ne cherchent en aucun cas à se sevrer de leur passion. Au contraire, ils la cultivent, l'irriguent sous les pluies de la mousson, la nourrissent sous le soleil chauffé à blanc. Ils forment une curieuse secte qui nourrit son mal incurable en allant respirer et toucher l'opium vietnamien, c'est à dire le parfum de ses rues, la frénésie de Saïgon ou des bords du Mékong, la sérénité des montagnes du nord ou la soie de la baie d'Along. [...]

Je me souviens lors de mon premier voyage, avoir été happé par cette civilisation; j'étais en lévitation, ne voulant pas descendre du septième ciel, ne souhaitant plus vivre autrement qu'à la vietnamienne. J'étais tombé en amour, comme tant d'autres avant moi de ce pays, de ses lumières, de son peuple. Tout ce qui n'était pas vietnamien me paraissait soudain fade, monotone, triste. A mesure que ma rationalité se débridait, mes yeux d'occidental se bridaient.

Quand vous rencontrez un pays adapté à votre propre souffle, qui dépasse vos rêves les plus fous, vos fantasmes les plus insensés, qui vous offre un idéal contre le spleen, vous vous y attachez, vous lui rendez hommage. Laissez-vous faire, écoutez-le: il vous transforme.

 

Olivier Frébourg, Vietnam

 

PICT0093.JPG

  Rue d'Hoian, aout 2007

 

 

 

 

 

Les lieux n'existent que pour avoir été franchis,

les lieux n'existent que pour nous avoir affranchis. 

 

M. Desbiolles

 

 

 

 

 

 

La beauté de la terre est si violente parfois

qu'il ne faut la recevoir qu'à petites doses

pour que le coeur résiste.

 

A. Gerber

  P1030241.JPG

île de Gili Air à Bali, décembre 2011

 

 

 

 


 

A la croisée des sentiers,

je choisis celui des fleurs sauvages.

fleurs des champsphoto de Aan

https://picasaweb.google.com/anyaviajes 

 

 

 


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